Antigone

ANTIGONE. 451 av. J.C – 2050.
PRÉFACE DE L’AUTEUR

« Vénérables membres du parlement citoyen, nous vous remercions pour votre attention. La procédure de clameur publique vient d’être activée. En vertu des pouvoirs conférés à notre institution, notre assemblée est extraordinairement réunie ce soir, pour juger publiquement des pièces de l’affaire « Antigone ». Créon, encore une fois, a décidé à l’instant de faire mourir Antigone. Notre rôle n’est pas d’apprécier le fond de cette décision, Créon étant le seul maître de la Cité de Thèbes. Cependant, le peuple a réagi, plus que d’habitude, bien plus qu’il y a 3000 ans. 3000 ans, c’est le cycle sur lequel notre redondante aventure enfante les mêmes personnages. A chaque fois, le même scénario. La même histoire, les mêmes rengaines. Cette fois, il s’agit de comprendre les motivations de Créon mais aussi des personnages annexes. Notre but ultime est de transmettre à la génération future et à la prochaine Antigone, les clés nécessaires pour la survie de Thèbes. Plusieurs rapporteurs ont été nommés et vont nous rendre à présent les résultats de leur enquête parlementaire.
Ouverture du dossier « Antigone ». Les temps ont changé depuis les ragots du bon vieux père Sophocle. La gestion de la Cité s’est encrassée et qu’elle soit démocratique, tyrannique ou encore technocratique, les femmes et les hommes ont éreinté le projet utopique des pères fondateurs. Toutes nos Antigone sont décédées. Mortes. Les générations se sont succédées et
ces symboles de jeunesse et de rébellion ont péri face à la raison de l’âge adulte et des intérêts politiques. Poussière, poussière, devez-vous vous dire. Mais rassurez-vous peuple citoyen membre du parlement. Si nous vous avons convoqués en ces lieux c’est que cette fois l’intrigue en vaut le détour. Tout au long de notre restitution publique nous allons procéder à des reconstitutions pour que vous puissiez saisir l’ultime complexité de notre instruction. Mais avant toute chose, nous souhaitons éclairer l’opinion de notre éminente assemblée, en revenant sur le coeur même du problème. La malédiction d’OEdipe. Tout commença le premier jour de la grande moisson du Solstice d’été, le jour de la pivoine du nouveau calendrier lunaire, soit sur le calendrier grégorien un lundi 17 juin, quelques centaines d’années avant Jésus-Christ, jour maudit. Laïos, père de l’enfant paria et Jocaste sa mère, dans un ébat des plus sportifs, conçurent OEdipe. »

Un parlementaire, extrait du Prélude – Antigone. 451 av. J.C – 2050.

« Il pourrit parce que Créon l’a décidé. Notre frère, Polynice pourrit comme une vulgaire bête parce qu’ils disent que c’est un terroriste. »

Ismène, Scène 1 – Antigone. 451 av. J.C – 2050
Teaser de la pièce jouée au Pathé Orléans

Résumé de la pièce.

2050. Encore une fois, l’histoire s’est répétée. Depuis 3000 ans, la cité de Thèbes est le théâtre d’une étrange redondance. L’ultime combat d’Antigone, symbole éternel de jeunesse et de rébellion face à Créon, figure de l’âge adulte. Cette fois encore, le sort d’Antigone Labdacides semble scellé, mais le peuple citoyen a convoqué l’assemblée parlementaire pour juger si oui ou non, Créon de Ménécée a pris la bonne décision. 2050, époque digitale où la foule est reine dans un empire de masse. Et si, en 2050, les choses changeaient ? Dans cette nouvelle version, le cadre a changé. Le Choeur et l’antique cité de Thèbes ont laissé place aux parlementaires et à un univers digital et politique.

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